16.06.2020
interview

Interview de Loane Steger

Loane, 20 ans, vit avec une malformation artérioveineuse à la tête découverte à l’âge de 7 ans. Prise en charge par l’assurance-invalidité, elle subira plusieurs opérations qui n’aboutiront pas à son rétablissement complet. Les séquelles, comme la perte de mémoire et des problèmes de concentration, vont perturber son parcours scolaire et ses premiers pas dans le monde professionnel. Loin de se décourager, la jeune femme semble avoir finalement trouvé sa voie dans le métier d’intendante. Avec le soutien de l’AI, elle suit actuellement une formation professionnelle au centre Orif de Vernier* qui lui permettra, en cas de succès, de décrocher une AFP (Attestation de formation professionnelle) d’employée d’intendance au bout de 2 ans.
 

Loane

 

Quel impact cette malformation a-t-elle eu sur votre vie ?
J’ai souvent dû porter un bandana à l’école et devais m’isoler pour ne pas souffrir du bruit, ce qui m’a beaucoup affectée dans ma jeunesse, aussi parce que mes camarades ne comprenaient pas ce qui m’arrivait. J’ai dû prendre le temps pour comprendre et accepter que cette maladie était là et que je devais faire avec. Durant ma jeunesse, j’ai vécu beaucoup de peurs, j’ai dû beaucoup me battre seule, même si j’étais entourée de mes deux parents et de mes dix frères et soeurs. Je me suis forgé ma propre carapace et ma propre force pour aller de l’avant.

Quelles sont aujourd’hui vos limitations en raison de votre état de santé ?
Je ne peux pas aller dans des endroits trop bruyants, comme en boîte de nuit par exemple. J’ai perdu aussi du champ de vision, ce qui m’empêche pour l’instant de passer mon permis de conduire. Les séquelles sont pour l’instant là, même si elles partiront peut-être un jour.

Que diriez-vous aux jeunes qui sont atteints dans leur santé et souffrent d’être différents des autres ?
Je leur dirais de garder espoir et confiance en eux, de continuer d’avancer. Au final dans la vie tout le monde est différent, le but n’est pas que l’on soit tous pareils !

Comment avez-vous choisi de vous former dans le secteur de l’intendance ?
Après avoir effectué mon école obligatoire, j’ai suivi une formation au CFPP (Centre de formation pré-professionnelle) de 2 ans. J’ai ensuite entrepris un apprentissage d’ASA (Aide en soins et accompagnement) mais cela n’a pas fonctionné et l’AI m’a donné alors la possibilité de me lancer dans cette formation à l’Orif.

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce métier d’intendante ?
C’est l’aspect multifonctions (nettoyage des locaux et du linge, service et aide à la préparation des repas, accueil...) du métier qui me plaît. Cela me permet aussi d’être en contact avec les résidents, par exemple si je travaille dans un EMS, ce qui est très important pour moi.

Comment envisagez-vous votre avenir ?
Même si j’ai échoué dans mon apprentissage d’ASA, j’ai découvert le monde des EMS où je souhaite travailler plus tard. Et ce n’est pas parce que j’ai eu un premier échec que je dois baisser les bras ! Peut-être qu’après avoir été engagée comme employée d’intendance dans un EMS, on me donnera une nouvelle chance de me former comme ASA. Mais pour l’instant je me concentre déjà sur l’objectif de réussir mon AFP d’employée d’intendance.

 

*L’Orif est une organisation romande à but non lucratif soutenue par l’AI. Elle a pour mission l’observation, la formation et l’intégration socioprofessionnelle de personnes atteintes dans leur santé ou en difficulté.

 

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